La suite est à découvrir dans le chapitre : Bruxelles, Gare de Forest.
L’hippodrome de Boisfort est un endroit étrangement attirant, à la fois rayonnant et crépusculaire, actuel et passé, niché entre plusieurs temps sur un immense espace et pourtant en ville. Les bâtiments principaux tombent en ruine. L’espace centrale de l’ancienne piste de course est occupé par un terrain de golf et les joggeurs et autres promeneurs avec ou sans leurs toutous ont pris la place des chevaux pour tourner en rond.
Dernière exposition de cette saison : « Singulis », exposition collective encore un peu différente des précédentes mais toujours dans le même fil.
Vernissage le 11.11.11 de 17h à 21h
Détails sur l’affiche ci-dessous.

Quelques impressions instantanées de mon passage au Festival du Touquet - Trophée Alain Godon - du 1 au 3 juillet 2011.
Deux nouveaux chapitres à visiter dans la Galerie.
Merci pour votre curiosité.
par Emmanuel Bing
Je te dis : regarde, et vois ! Noir, et noir dans le noir. À peine le fantôme d’un gris. Le lieu, Tour et Taxis, à Bruxelles. Moquette grise noire murs blancs modules anthracite. Noirs et noir.
Cadres suspendus dans les modules gris.
Ce sont les photographies. Ici quelque chose enfin se montre. Photographies, celles d’un premier regard. Terriblement classique. D’abord terriblement classique. Un piqué effarant. Leïca. Photographies 24x36 cm. Une lubie, confie le photographe. Rappel de l’ancien 24x36 de l’argentique, créé avec le Leïca.
Tout d’abord il n’y a rien, que ce premier regard terrible noir dans le noir qui ne veut plus laisser passer les fantômes du gris. Mais ceux-là tout de même passent. Imperceptibles. Ils passent dès lors, ils sont cette ironie même dont se soutient le regard du photographe. Comme une écriture du Réel qui là viendrait vous dire, de ces lieux désertiques, qu’ils sont habités, habités de sens, de ce qui nous empoigne, spectateurs, de ce pavé esseulé dans le no-man’s land au premier plan de ciment gris, devant l’immeuble. L’ire honnie, ne reste que le rire. On n’y voit rien de ce qu’il y aurait tant à voir. Un tout, là, ici, pourtant immédiatement présent à l’œil, comme à la mémoire. Ce qu’il sollicite, alors, c’est moi ; je suis là dans ce décalage grinçant où la photographie me fait percevoir ma propre claudication, insensée, signifiante.
Alors merci, Jos Tontlinger, pour ces photographies en profondeur de champ, où se joue l’ironie d’un regard dans la monstration pudique d’un Réel dissonant radicalement insaisissable.
Ce que l’on voit : murs. Murs écrits. Centrale électrique. Murs. Grands immeubles, gonflés de leur propre gigantisme froid et lisse. Murs anciens, lépreux, fatigués. Murs troués de sens. Bardés de fer. Troués de vitres. Insolemment au milieu d’une savane, quelques zèbres. Une jungle. Sur deux panneaux, la centrale électrique, à gaz, sous un pur ciel bleu, en dessous repris dans le noir du noir. Allusion pudique. Jeu d’enfant, sauter le mur écrit, voir et voir encore. Savoir. Ça voir.
Un ensemble de photographies plus récentes, magnifiques elles aussi, tournent en boucle sur un écran, accompagnées de la musique de Dead Can Danse. Beaucoup de monde, de voix, de visages, de paroles dites et inter dites. Des petites filles joyeuses parcourent le sol.
Emmanuel Bing - Avril 2011
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